Quatre logiciels pour dicter sous Linux avec une IA locale
Speech Note, Handy, Vocalinux et Myna transcrivent la voix sur l’ordinateur même, sans transmettre vos textes à des tiers, mais chacun a ses contraintes.
Pour dicter du texte sous Linux sans que votre voix parte sur des serveurs distants, quatre logiciels gratuits sortent du lot : Speech Note, Handy, Vocalinux et Myna. Tous effectuent la reconnaissance vocale directement sur l’ordinateur, d’après le guide publié par ZDNet France, qui les décrit aussi comme relativement faciles à mettre en place. Reste à savoir lequel correspond à votre façon de travailler et à votre environnement de bureau.
En bref
- Les quatre logiciels présentés sont gratuits et traitent la voix sur la machine.
- Speech Note est jugé le plus précis, mais le texte se copie depuis sa fenêtre.
- Handy s’installe en quelques minutes et écrit dans n’importe quel champ actif.
- Myna, conçu par Canonical, vise Ubuntu 26.10 et reste réservé à Ubuntu.
Le modèle compte autant que le logiciel
Un outil de dictée repose sur deux briques : l’application que l’on voit à l’écran et le modèle d’intelligence artificielle qui convertit la parole en texte. C’est ce second élément qui décide où vos paroles sont traitées. Whisper, l’un des modèles libres les plus répandus, offre par exemple deux modes : une transcription effectuée sur la machine, ou un envoi vers le cloud. Seul le premier garde vos propos chez vous.
La nuance a son importance, car certains programmes de dictée ne savent pas exploiter un modèle installé localement. Si la protection de vos données personnelles est votre priorité, c’est donc le tout premier critère à contrôler, avant même la précision ou l’ergonomie. Les quatre outils ci-dessous remplissent cette condition.
Speech Note pour la précision, Handy pour la rapidité
Speech Note arrive en tête du classement établi par l’auteur du guide, qui le considère comme l’option de reconnaissance vocale la plus précise qu’il ait essayée sous Linux. Par défaut, tout fonctionne hors ligne et aucun texte n’est communiqué à des tiers. Son mode d’emploi diffère toutefois des autres : la transcription s’affiche dans la fenêtre du logiciel, et il faut ensuite la copier puis la coller dans votre document. La mise en route se fait en deux temps, d’abord l’application, ensuite un modèle à télécharger. Rien de compliqué, quelques clics suffisent, mais l’opération demande un peu plus d’efforts qu’avec Handy.

Handy, libre et gratuit, s’appuie au choix sur Whisper ou sur Parakeet pour traiter la voix en local, et le texte apparaît au fil de la parole. Son fonctionnement est direct : un raccourci clavier que vous avez défini, quelques phrases prononcées, et les mots s’inscrivent dans le champ actif, quelle que soit l’application. Côté installation, on récupère le fichier AppImage, on l’ajoute au menu du bureau grâce à GearLever, on le lance et on règle quelques paramètres. L’auteur du test l’a rendu opérationnel en moins de cinq minutes. Autre atout, il s’installe sur la plupart des distributions Linux. Deux limites sont relevées : aucune correction par IA, et un traitement qui se montre parfois un peu lent.
Vocalinux et Myna, deux options plus ciblées
Vocalinux est un outil léger qui, comme Handy, envoie la dictée dans la fenêtre au premier plan via un raccourci : avec LibreOffice ouvert, le texte arrive directement dans le document, sans passer par le presse-papiers. Il laisse l’utilisateur choisir entre trois moteurs, Whisper.cpp, OpenAI Whisper et VOSK. Gratuit, il ne partage aucune donnée avec des tiers. Son développement en est cependant à ses débuts, et cela se ressent selon le bureau utilisé : essayé sous COSMIC avec Wayland, il n’a pas réussi à transmettre le texte à l’application active, alors qu’il a fonctionné sans accroc sous Fedora avec GNOME.
Myna occupe une place à part. Conçu par Canonical pour Ubuntu, il est annoncé pour accompagner la sortie d’Ubuntu 26.10, prévue en octobre 2026, alors qu’aucun appel à testeurs pour une version bêta n’avait encore été lancé au moment du guide. Les premières versions essayées par l’auteur se sont montrées simples à utiliser, précises et dotées d’une interface soignée. Tout le traitement reste sur la machine, mais le logiciel ne concerne que les utilisateurs d’Ubuntu.
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Lukas Blazek. Licence Pexels.
